Léonard by John Mendelssohn et Dominique Nahas

MAGALI LEONARD

 John Mendelssohn et Dominique Nahas ( New york exposition « non objectivity » galerie Walter Wickiser déc 20011)

La série « Cosmogonies »,  groupe continu de tableaux abstraits, a été commencée en 2007. Bien qu’elles aient évolué avec le temps, ces œuvres ont en commun un sens du mouvement et de l’espace saisis au travers de la couleur fluide. Récemment, les tableaux ont fait allusion aux quatre Eléments : la Terre, l’Air, le Feu et l’Eau. Les toiles sont en  résonances, pleines d’échos au cosmos, ses éléments et sa lumière. Ces toiles  suggèrent un univers sans limite, toujours en devenir.

Les tableaux ne sont pas le résultat d’une intention délibérée, mais proviennent plutôt d’une énergie saisit dans l’instant. Ces toiles ne se veulent ni  des représentations, ni des narrations, ni des allégories, et elles ne reposent pas sur théorie esthétique préétablie. Cette œuvre requiert plutôt l’amplitude de la force vitale .Le corps de l’artiste dans sa totalité y est impliqué dans l’expansion de son geste . Ses mouvements autour de la toile peuvent paraître semblables à une danse, le souffle y joue un rôle actif.

L’œuvre est créée dans la fluidité du temps. Il faut contrôler la couleur fluide au cours de l’acte de création, tout en travaillant sur une toile résistante ou absorbante. La rencontre de ces éléments produit une sensation et une action,  une sorte de combat corps-à-corps. Tout en travaillant, instant après instant, les flux de couleur se condensent et prennent forme. Cette approche dynamique permet aux gestes de s’amplifier , elle permet aussi de découvrir l’espace et de l’organiser.

De ce processus émane un sens de l’espace indéterminé, que réactive le regard de chaque spectateur. « L’enjeu dans ces tableaux est de capter ce qui apparait sur le moment, de saisir l’instant. »

Traduction du texte de John Mendelssohn (new York déc 2011 )

 

«        Les acryliques de Magali Léonard suggèrent une interaction entre l’organisation contrastée de l’espace, qui s’ouvre et se ferme en tombant et en s’élevant, et la séquence rythmique du paysage. Il y est fait allusion à des relations entre la montagne et l’eau ainsi que d’autres éléments de la nature tels que des plantes ou des animaux et entre les nuages, les arbres et les rochers, à travers l’usage que Magali Léonard fait des espacements pleins-vides mutuels, dont les dimensions cosmiques et liquides font naître en nous des sensations du sublime. » traduction du  texte de Dominique Nahas Catalogue d’exposition  « Non objectivity » galerie Walter Wickiser 210 Eleventh Avenue suite 303 N York10001

 

 

L’art nous oblige à nous poser des questions fondamentales. L’art peut nous nous inviter à nous interroger sur la manière dont nous appréhendons une image et, par extension, à nous demander comment nous la relions à une quelconque représentation de nos vies. C’est particulièrement vrai s’agissant de l’art abstrait dont la présence physique se situe dans le concret, mais dont la réalité ultime est virtuelle, dans une dimension imaginaire.

Ces sujets sont particulièrement pertinents s’agissant de l’art de Magali Léonard. Ses tableaux sont des expériences complexes, pleins de mouvements contradictoires, de flux de pigments, d’incidents inattendus et d’interruptions. La surface de ses toiles est animée d’enchevêtrements et de motifs floraux de peinture maigre qui éclatent en multiples fissures. La couleur en séchant peut laisser une sorte de fantôme de sa forme originelle.

Il y a dans les tableaux de Léonard une volonté d’employer les forces de séparation : la dessiccation de produits fluides, le craquèlement d’une étendue de couleur, le creusement d’une couche révélant une autre couche dessous. Cet engagement avec la désintégration coexistent avec des processus par lesquels le tableau semble naître puis croître de façon organique. De grands lacs de pigments s’étendent le long de la toile, des archipels de couleur émergent à la surface, des gestes surprenants exécutés par une main humaine apparaissent.

Il en résulte une chorégraphie entre forces destructrices et constructrices, situé en un lieu animé où nous sommes témoins de sa propre création. Parfois ce lieu nous rappelle la Nature, avec l’eau ruisselant de la roche et la lumière claire de l’aube. Nous pouvons nous imaginer dans une caverne primitive, dans un bassin d’eau de mer soumis à la marée, ou sur la surface d’une planète qui vient juste d’être découverte.

Dans certaines œuvres, comme Microcosme, Macrocosme,Magali Léonard nous emmène dans un monde à l’atmosphère inquiétante, où nous distinguons des arbres au bord d’une falaise baignant dans une lumière venant des cieux étincelants. Dans d’autres œuvres telles que Cosmogonie 10, c’est comme si nous étions plongé dans un monde aquatique sous un iceberg arctique. Dans Sans Titre, 2007, nous sommes suspendus dans une sorte de distorsion temporelle, où la surface d’une horloge est sujette à la même métamorphose que les aurores qui l’encerclent.

Il est important de reconnaître que notre position par rapport aux images de Magali Léonard est indéterminée. La gravité se déplace depuis le sommet jusque sur le côté, un ciel semble apparaître mais se dissout dans un raz-de-marée. Nous pouvons nous sentir simultanément dans plusieurs états à la fois : géologique, météorologique et psychologique. Ce sens de simultanéité est à la fois primitif et émotionnel, comme si nous étions en train d’observer dans un seul espace plusieurs univers, y compris notre propre cosmos privé de sentiment déferlant.

 

 

TABLEAUX COSMOGONIE

PAR MAGALI LÉONARD

EXPOSITION COLLECTIVE

WALTER WICKISER GALLERY

3 au 28 décembre 2011

 

New York – Magali Léonard va exposer cinq tableaux de sa série Cosmogonie à la gallerie Walter Wickiser, dans le cadre de l’exposition collective Non-Objectivity, qui porte sur les œuvres abstraites d’artistes internationaux. Les tableaux de Magali Léonard font apparaitre des couleurs et des images diffuses réunies dans un espace indéterminé. Les autres participants à l’exposition sont Austin James, Anne Kolin, and Susan Manspeizer. L’exposition se tiendra du 3 au 8 décembre avec une cérémonie d’ouverture le 8 décembre, de 18:00 à 20:00. La galerie sera ouverte du mardi au samedi, de 11:00 à 18:00.

 

Magali Léonard a commencé sa série des Cosmogonies en 2007, et ses tableaux abstraits offrent une large palette d’émotions et d’approches picturales. Tous les tableaux ont en commun des atmosphères changeantes de couleur, avec des flux et des enchevêtrements d’acrylique fluide.  Cosmogonie est un mot français dérivé du grec ancien signifiant « création du monde ». La cosmogonie peut se référer à la conception scientifique qu’à la conception mythique de l’origine de l’univers. Dans ses tableaux, Magali Léonard conçoit son acte de création aussi bien sur le plan personnel que cosmique, aussi bien physique qu’imaginaire.

 

Sans titre de 2007, le plus ancien tableau de l’exposition, montre des trainées de rouge, jaune, noir et gris bleuté déchirés par du blanc phosphorescent. Se dissipant dans les nuages de couleurs, on voit la surface d’une montre, une image photographique transférée sur la toile. ce tableau transcrit l’impression produite par les forces cosmique que Magali Léonard suscite dans son travail. Le temps lui-même est impliqué à la fois en tant que sujet et partie du processus de peinture. L’artiste a écrit : » l’enjeu de ces tableaux est de capter ce qui est  entre l’instant et l’éternité ».

 

Dans le tableau Microcosme Macrocosme,peint en 2009, Magali Léonard évoque le pouvoir cataclysmique de la nature, avec des coups de pinceau arrondis, orageux, semblables à des nuages, dans les tons gris, blanc et noir. Un petit bosquet penche sur le bord d’une falaise, illuminé par un rayon de lumière spectaculaire. Comme le laisse entendre titre du tableau, le cosmique et l’intime sont tous deux également présents dans les œuvres de Magali Léonard.

 

Tandis que progressait la série des Cosmogonie, Magali Léonard a de plus en plus souvent fait allusion aux Eléments : la Terre, l’Air, le Feu et l’Eau. Dans Cosmogonie 1, nous sommes pris dans un raz-de-marée abstrait de vieux rose, de jaune orange profond et de gris, avec une crête de blanc surgissant à la surface. Magali Leonard a expliqué en quoi le processus de peinture implique des mouvements corporels qui s’expriment à travers la peinture : “il est impossible de prévoir le flux liquide de couleur… son énergie s’écoule au moment même de la création, selon sa force créatrice.”

 

Cosmogonie 10 est un monde liquide de turquoise, avec des flots en blanc et des gestes en noir. Avec ses mouvements contraires, cette composition abonde en intention, en interruption, et en accident. Nous sommes dans un lieu à l’expérience efface l’état précédent, en une incessante série de transformations. John Mendelsohn a écrit ceci, “Il y a dans les tableaux de Léonard une volonté d’employer les forces de séparation [...] Cet engagement avec la désintégration coexiste avec des processus par lesquels le tableau semble naître puis croître de façon organique.”

 

Dans Cosmogonie 8, dans un champ de blanc et de gris, qui ressemble à de la glace fondue, surgit une courbe rouge foncé avec un bord noir. Comme si nous étions témoins du drame primaire qui se joue entre les forces du froid et de la chaleur. Dans les œuvres de Magali Léonard, le corps est présent, non en image, mais via la chorégraphie des mouvements du peintre, et dans la rencontre entre le corporel et le psychique

Magali Léonard est née en Provence, dans le sud de la France, en 1955, et vit actuellement à Paris. Elle est titulaire d’une Licence et d’une Maîtrise en Arts Plastiques obtenues à l’Université de la Sorbonne à Paris. Parmi ses expositions individuelles, on peut citer la Gallerie Roccia à Montréal; le Centre d’Arts Plastiques Albert Chanot, à Clamart; la galerie Emka, à Paris; et les galeries Armando et Nova à Osaka. Parmi ses expositions collectives, on peut citer celle qui s’est tenue à la galeries Gora, à Montréal; Exposition de kakemono contemporain du Japon à Paris.

 

Pour plus d’informations, veuillez contacter Walter Wickiser Gallery, 210 Eleventh Avenue, Suite 303, New York, NY 10001, (212) 941-1817, wwickiserg@aol.com,

www.walterwickisergallery.com.